SHOW / EPISODE

Jean-François Boclé | Tout doit disparaître ! (2015)

Season 1
4m | Jun 1, 2022

Tout doit disparaître ! (2015)

Tout doit disparaître, est une interrogation sur ce que pourrait être un mémorial de la déportation des Africains vers l’univers plantationnaire américain.

Nous restons seuls face aux interrogations que pose cette œuvre : « Tout doit disparaître », est-ce pour signaler les esclaves-denrées-périssables jetés par-dessus bord lors des traversées, est-ce pour la mémoire de ces corps vendus à la criée à leur arrivée aux Amériques ou encore pour la marchandisation de cette indicible mémoire par les systèmes culturels et muséaux actuels?

Cette mer de sacs nous rappelle combien le consumérisme traverse avec violence les récits des afrodescendants des Amériques. En résistant à une lecture univoque, cette œuvre dessine bien plus que le portrait d’une société du déchet, du gaspillage et de la pollution…elle ouvre sur les déchets de l’Histoire maître, ses gaspillages de vies, ses pollutions mémorielles (effacement, raturage, invalidation). Tout comme les 100 000 sacs plastiques 100 000 fois soufflés tout au long de l’exposition, ce geste indique combien la mémoire collective se nourrit d’une somme de souffles individuels et combien de violence il faut pour la faire disparaître.


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Tout doit disparaitre ! (2015)

Tout doit disparaître is an interrogation on what could be a memorial of the deportation of Africans to the world of the American plantation.

We are left alone with the questions that this work asks : “Everything must disappear”: is it to indicate the perishable-goods-slaves thrown overboard during the crossings? Is it for the memory of these bodies that got sold at their arrival in the Americas, or for the commodification of this unspeakable memory by the current cultural and museum systems?

This sea of bags reminds us of the violence of consumerism in the narratives of Afrodescendants in the Americas. By resisting a univocal reading, this work draws much more than the portrait of a society of waste and pollution… it opens on the waste of the master History, its waste of lives, its memorial pollution (erasure, deletion, invalidation).

Just like the 100,000 plastic bags blown 100,000 times throughout the exhibition, this gesture indicates how much collective memory is nourished by a sum of individual breaths, and how much violence it takes to make it disappear.

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